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LA PEINTURE DU SOUFFLE ®

 

 

Montagne proche
24 x 32 cm
Grand Veymont
24 x 32 cm
Yack - Népal
24 x 32 cm
 

La peinture du souffle est une voie originale : ce n'est pas de la peinture chinoise, qui est une peinture du rêve, où l'artiste traditionnel travaille d'imagination en atelier, sans lien avec le réel ; ce n'est pas une peinture illustrative, qui chercherait à reproduire le réel. Elle est d'abord en lien avec l'énergie du monde, que ce soit le monde extérieur ou le monde intérieur du peintre. Elle est peinture du souffle créateur.

Des cours de "peinture du souffle" ont lieu dans le nouvel atelier à Proveyzieux à des dates très libres et par petits groupes (Voir rubrique stages).

 

Une histoire

Un jeune homme souhaitait apprendre la peinture. Il alla voir le Maître des Bambous. Celui-ci lui dit de peindre les bambous de toutes les façons possibles. Le jeune homme peignit des bambous en été sous le soleil, en automne sous la pluie, en hiver sous la neige, avec du vent, sans vent, le jour, la nuit. Après dix ans, il était devenu tellement habile qu’il pouvait les peindre les yeux fermés. Il alla voir le Maître et lui demanda s’il pouvait maintenant se considérer comme un peintre. Celui-ci lui dit que la technique n’était qu’une bien petite chose et qu’il fallait qu’il devienne bambou lui-même. Le disciple s’enfonça dans la montagne, atteignit une forêt de bambou et plus personne n’entendit parler de lui. Au bout de dix ans, le Maître alla dans la forêt et le retrouva. Le disciple, ou bien était-ce le vent dans les bambous, lui demanda s’il pouvait enfin se considérer comme un peintre. Le Maître lui dit qu’il devait oublier la technique et oublier les bambous s’il voulait devenir peintre : il devait devenir lui-même.

On se rappellera cependant que pour tout oublier, il faut d'abord avoir appris quelque chose...

 

Chartreuse
130 x 50 cm
 

Un exemple : Hokusai (1760-1849)

« Depuis mes 5 ans, j’ai la manie de copier la forme des choses ; depuis mes 50 ans, j’ai exposé de nombreux dessins, mais je n’ai rien peint d’intéressant avant d’avoir eu 70 ans. A l’âge de 70 ans, j’ai commencé à comprendre la forme des herbes et des arbres, la structure des oiseaux, des insectes et des poissons. Dès lors, à 80 ans, j’espère avoir amélioré mes connaissances, à 90 ans avoir extrait l’essence secrète des choses pour ainsi connaître à 100 ans le mystère divin, et à 110 ans considérer que même un point ou une ligne est vivant. Je prie toute personne qui vivra jusque-là de vérifier mes présentes déclarations. »

Vercors
130 x 50 cm

 

Une expérience : peindre avec Li Jinyuan

 

Cherchant à comprendre et à appronfondir la peinture orientale, j'ai eu le privilège de travailler avec Li jinyuan, peintre chinois reconnu chez lui et à l'étranger. Bien que le peintre oriental pratique dans un esprit opposé à mon travail puisqu'il cherche une peinture du rêve, j'ai pu tirer un grand enseignement de l'utilisation du qi (l'énergie) à travers le souffle et le pinceau. Il s'agit bien sûr d'une vision taoïste de l'énergie : le peintre sait exprimer l'énergie des 5 éléments dont l'expérimentation quotidienne passe par une pratique du qi gong. Cette énergie se réalise immédiatement dans la peinture : elle donne au peintre le choix pour exprimer, selon son désir, la pulsion jaillissante du printemps aussi bien que l'immobilité de l'hiver ou l'équilibre du centre des énergies. Etre un peintre centré et libre qui a la capacité d'exprimer sa propre énergie et sa propre essence pour finalement peindre avec la même simplicité que l'on respire....

La plupart des peintures ont été réalisées sur du papier triple xuan, souvent dans le format entier, c'est à dire 130 cm x 70 cm.

 

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Echange technique en atelier avec Li Jinyuan

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Une explication :

La peinture du XXIème siècle devra abandonner les mirages vains du concept mentalisé comme elle a laissé ceux de la technique pour emprunter la voie spirituelle où le peintre devenu voyant capture l’énergie du monde pour la faire palpiter sur le papier unique de son aquarelle.
Pour charger l’explication complète en PDF, cliquer ici.

Compostelle
24 x 32 cm
 

Une pratique

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Parcourir d’une seule traite les 1500 kms d’un chemin de Grande Randonnée en prenant le temps, traverser les Alpes de la Méditerranée au Lac Léman, parcourir les sentiers de l’Himalaya loin de tout village derrière deux yacks, ou aller au fond de son jardin en Chatreuse, et regarder, contempler, s’emplir puis peindre, laisser aller le pinceau chargé de couleur sur une feuille qui devient de plus en plus grande, une peinture qui prend la dimension du paysage, une feuille devant laquelle le peintre et le spectateur peuvent se perdre :
65 cm, 80 cm, 1 mètre, 1 mètre 50, 2 mètres… le souffle emplit la feuille. C'est en cela que ma pratique se différencie de la peinture chinoise, peinture du rêve qui s'exerce en atelier. Pour ma part, étant à l'écoute de l'énergie subtile, je dois peindre sur le motif et laisser couler l'énergie de mon sujet, qu'il soit femme, arbre ou montagne sur ma feuille. C'est la peinture du souffle®.

La journaliste et écrivain Nathalie Ferron développe et explique ma pratique dans son livre "Transformer sa vie par la méditation" aux Presses du Châtelet.

 

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Photos prises par Patricia Laguerre de Lausanne

 

Une vision du monde

"L'Unique trait de pinceau est l'origine de toute chose, la racine de tous les phénomènes ; sa fonction est manifeste pour l'esprit, et cachée en l'homme, mais le vulgaire l'ignore...
Si loint que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas. Aussi l'Unique trait de pinceau embasse-t-il tout, jusqu'au lointain le pls incccessible, et sur dix mille millions de coups, il n'en est pas un dont le commencement et l'achèvement ne résident finalement dans cet Unique trait de Pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme.
Par le moyen de l'Unique trait de pinceau, l'homme peut restituer en miniature une entité plus grande sans rien en perdre : du moment que l'esprit s'en forme d'abord une vision claire, le pinceau ira jusqu'à la racine des choses.
Si l'on ne peint pas d'un poignet libre, des fautes de peinture s'ensuivront ; et ces fautes à leur tour feront perdre au poignet son aisance inspirée. Les virages du pinceau doivent être enlevés d'un mouvement, et l'onctuosité doit naître des mouvements circulaires, tout en ménageant une marge pour l'espace. Les finales du pinceau doivent être tranchées, et les attaques incisives. Il faut être également habile aux formes circulaires ou angulaires, droites ou courbes, ascendentes ou descendantes : le pinceau va à gauche, à droite, en relief, en creux, brusque et résolu, il s'interrompt abruptement, il s'allonge en oblique, tantôt comme l'eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit en hauteur comme la flamme, et tout cela avec naturel et sans forcer le moins du monde
."
Shi Tao, "Propos sur la peinture"

 

N’hésitez pas à me faire part des réflexions que cette peinture du souffle vous inspire.

 

Grésivaudan
60 x 80 cm
Pluie
30 x 40 cm
Belledonne
60 x 80 cm
aquarelle papier chinois chartreuse aquarelle chartreuse torrent aquarelle monastere grande chartreuse

La montagne, lieu qui élève l'âme, se prête particulièrement bien à la pratique de cette peinture. Vous en trouverez d'autres exemples sur mon site coopératif

itinerance-contemplative.fr

 

Les peintures présentées sont à vendre. Il existe des estampes digitales des plus belles oeuvres, numérotées et signées, pour 60€.